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Mag Science&Bee
Sciences & Bee (supplément décembre) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par sophie donzenac   
10-12-2009

 

couvmagbee.jpgVous l'attendiez, le voilà disponible!

Un numéro spécial de Science & Bee qui revient sur la disparition des abeilles. Trente deux pages qui vous aideront à comprendre ce phénomène mystérieux. Témoignages, analyses, photos : nous dresserons un constat mondial de la mortalité des abeilles, nous reviendrons sur le débat pesticides/parasites, nous nous pencherons sur les transformations de la filière apicole... 

 Téléchargez le magazine en intégralité dans la médiabox et complétez votre lecture avec des vidéos et des reportages dans les rudbriques MAG SCIENCE & BEE, PHOTOTEQUE,  et VIDEOS JT REPORTAGES.

 La rédaction vous souhaite une bonne lecture.

 
Le dressage des abeilles reste top secret - Par Emmanuelle Michaud Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par sophie donzenac   
09-12-2009

L’information est difficile à obtenir. Les abeilles seraient dressées pour détecter des explosifs. Impossible de savoir comment, et quels sont les résultats. Martin Giurfa, directeur du centre de recherche sur la cognition animale (à Toulouse), nous confie que les armées française et américaine ont effectué des études sur le dressage des abeilles. Du côté du ministère de la Défense, aucune information ne filtre. Le service d’informations  et de relations publiques des armées (SIRPA) nous répond qu’aucune étude n’a été réalisée. Selon une autre source, le commissariat à l’énergie atomique a, par le passé, étudié les capacités de l’abeille en terme d’apprentissage d’odeurs de polluants à basses concentrations. Ces études ont-elles perduré par la suite ? Nous n’en savons rien. Quant aux détails de ces études, ils sont tenus confidentiels.

 photo keskiscpass - article bonfils- Emmanuelle Michaud copie.jpg

Crédit photo : Susanna Soares

Légende photo : A travers cette expérience, on a découvert que les abeilles sont capables de détecter des maladies dans le souffle humain.

 
3 questions à Alex Decourtye, spécialiste en éco-toxicologie chez l'abeille - Par Yaël Chambon Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par sophie donzenac   
09-12-2009

 axel decourtye.jpg S&B : Selon vous, quelle est la cause principale de la mortalité anormale des abeilles ?

Axel Decourtye : Si quelqu'un était capable de le dire, il serait le futur prix Nobel. Pourquoi, malgré l'effort fourni par les scientifiques et les experts depuis de nombreuses années, une hiérarchie des causes n'a-t-elle toujours pas été établie? D'abord, il y a la complexité du problème en lui-même. En fonction des situations et des saisons, les symptômes sont différents. Il n'est déjà pas évident de faire un diagnostic sur une seule ruche. Alors à l'échelle d'un pays ou de la planète, c'est un vrai casse-tête. Comme tous mes confrères, je citerais en premier lieu le Varroa associé à des virus, et un mélange de pesticides et d'hydrocarbures.

S&B : Quand on étudie les abeilles en laboratoire, quels sont les agresseurs que l'on retrouve le plus souvent ?

A.D. : Quand on examine un échantillon d'abeilles, on peut voir en moyenne un cocktail d'une quinzaine de pesticides. Ceux qui nient que les abeilles sont affectées par les produits phytosanitaires nient l'évidence. Ce serait étrange que ce soit le seul animal qui ne souffre pas de ce type de pollution. Ensuite, la présence du Varroa associé à des virus est sans conteste une cause d'affaiblissement majeure. Si on ajoute un déséquilibre alimentaire, les chances de survie de l'abeille deviennent minces. Tous ces facteurs pris individuellement ne sont pas mortels. Mais une fois combinés, ils entrainent des cascades d'évènements, et expliquent en partie l'effondrement des colonies.

S&B : Que faudrait-il faire, à l'heure actuelle, pour améliorer la situation?

A.D. : Il paraît essentiel de mettre en place une nouvelle orientation agricole. Dans les zones de monoculture, il faut réfléchir à ce qu'on peut faire des parcelles une fois la récolte terminée. Imposer les jachères  aux agriculteurs peut être une solution. Ils seront obligés de semer des fleurs après leur récolte de blé par exemple, pour que les abeilles aient quelque chose à manger d’août à octobre. Puis, la recherche scientifique sur les différents parasites, virus et produits phytosanitaires doit continuer pour mieux connaître et quantifier les causes. Mais ne perdons pas non plus trop de temps en laboratoire. Il faut dès maintenant s'attaquer aux problèmes que l'on connaît déjà pour faire évoluer la situation.

Crédit photo : INRA

 
Des butineuses à la mairie du 8e - Par Anne-Louise Dupin Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par sophie donzenac   
09-12-2009

En apparence, 5 caisses en bois, sur un toit ;  en réalité, des ruches urbaines. Une initiative originale pour la biodiversité. Le 8e arrondissement de Lyon accueille depuis avril des abeilles sur le toit de sa mairie. C’est un apiculteur sous convention qui les entretient, et qui récolte et vend le miel. La municipalité se contente de prêter son toit, sans verser de subventions  et sans en recevoir de l'État ou de syndicats.
Le projet est né d’une rencontre entre l’apiculteur Paul Gentil et le maire Christian Coulon. « Ca fait quelques années que l’idée me trottait dans la tête, explique ce dernier. Je savais que les abeilles à la campagne étaient en difficulté, et qu'elles pouvaient vivre en ville puisqu’un particulier de l’arrondissement possédait une ruche ».
A l'abri sur le toit, les essaims ne coûtent rien à la municipalité et respectent les règles de sécurité en vigueur. Les abeilles butinent donc depuis un an au cœur de Lyon, et elles se sont très bien acclimatées à leur nouvel environnement.

Une grande diversité végétale en ville

 Le 8e arrondissement n'est pourtant pas la Tête d'Or. Mais un coup d'œil du haut du toit de la mairie montre une ville bien plus verte qu'on pourrait le penser. Un jardin public, une forêt de balcon, et des terrasses végétales... Le cimetière de la Guillotière et le parc Alpestre ne sont qu'à quelques battements d'ailes, pour des abeilles qui butinent sur un rayon de deux kilomètres. La ville offre également une grande diversité végétale : « il y a des bananiers et des sapins bleus dans le 8e arrondissement ! », rappelle le maire. Ces plantes, cultivées sans phytosanitaires par la ville de Lyon et par la plupart des particuliers, fleurissent à différents moment de l'année. Les abeilles peuvent donc butiner près de 12 mois sur 12, une chose impossible à la campagne.
Côté habitants, pas de réactions négatives. « L'abeille est très bien vue dans la population. Depuis l'installation des ruches, nous n’avons pas reçu une seule plainte », explique Christian Coulon. Les abeilles sont des voisines discrètes et inoffensives. Elles ne piquent que pour défendre l'essaim, bien à l'abri sur le toit. Leur arrivée en ville est d’ailleurs restée discrète : la mairie a attendu un mois avant de communiquer sur ces nouvelles habitantes.
Il est vrai que ces ruches ne sont pas à destination du public, qui se contente de savourer leur miel. Sans  vouloir l’imposer aux enseignants, le maire suggère qu'elles pourraient servir à initier les enfants aux thèmes de la biodiversité et de la sauvegarde de l'environnement.

 

 
Essaim d’abeille, ne pas approcher ! - Par Sophie Donzenac Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par sophie donzenac   
09-12-2009

essaim.jpgL’abeille est un être très sensible. Il suffit d’un orage, un manque d’eau, de provisions, ou une mauvaise récolte pour l’énerver. Ce n’est pas un insecte naturellement agressif, en revanche elle est capable de tout pour défendre son essaim. Seule la femelle pique. Le faux-bourdon, ou mâle, ne porte pas d’aiguillon. « Il faut éviter les couleurs sombres ou trop vives en approchant d’un essaim » d’après Laurent Truchefaud, apiculteur. Vêtu de blanc ou en couleur claire, il y a déjà moins de risques. 
 
Après s'être fait piquer
 
Ça gonfle dangereusement, c’est rouge, il s’agit d’un œdème. C’est la réaction  la plus courante après une piqûre. Surtout, ne pas presser. Il vaut mieux enlever si possible l'aiguillon  tout en évitant d'injecter le venin.  « Il faut approcher une source de chaleur pendant une minute pour coaguler le venin » explique Ingrid Topenot, allergologue. En revanche, si ça s’étend, se rendre sans tarder chez un médecin ou à l'hôpital. Le plus grave reste le malaise intense. Il peut se traduire par des agitations, des tremblements,  des nausées… Il faut relever les membres inférieurs de la victime. En fonction de la gravité, l'hospitalisation peut être nécessaire.
 
Allergie aux abeilles

On ne devient pas allergique en une piqûre. Il y a deux sortes d’allergiques. Ceux qui ont des prédispositions génétiques et ceux qui le deviennent après s’être fait piqué plusieurs fois. Un allergique qui se fait piquer risque le choc anaphylactique voire même de mourir. Il existe un traitement à cette allergie.  « On peut les désensibiliser par voie injectable  en passant une à trois journées à l’hôpital, puis en injection de rappel de 3 à 5 ans » explique Ingrid Topenot. Chaque année, l’hôpital Saint-Jean de Luc à Lyon traite 10% à 20% de cas.

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Légende photo : Essaim nu d'abeilles géantes d'Asie.

Crédit photo : Denis Anderson_CSIRO

 
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