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Un toit contre une présence Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Charlotte Rebet   
13-01-2010

Il y a quelques mois encore, Rafika cherchait un logement pour poursuivre ses études à l’université de Bron. Originaire de Bourges, dans le centre de la France, elle redoutait de ne pas trouver appartement qui colle à son petit budget. Rafika a finalement trouvé la solution chez Atéa Pérez, une San-priote de 88 ans. Dans l’agglomération lyonnaise ce genre de colocations est rendue possible par l’association le Pari solidaire. L’organisme fait correspondre des offres de logements de personnes âgées vivant seules, et d’étudiants en mal de logement. Tout ça en respectant un mot d’ordre : solidarité. En effet, Rafika ne paie que 50 euros par mois à Atéa pour participer aux charges. En échange elle apporte sa compagnie, et bien plus encore. « Le matin, je lève Mme. Pérez, je lui prépare le petit déjeuner, je vais lui chercher son journal. Je lui cuisine des petits plats. Quand elle a un petit coup de blues, je sais qu’un bon couscous ça lui fait plaisir ! Je la bichonne ! ».
En seulement deux mois, une relation complice et fusionnelle s’est construite entre les deux femmes. Rafika s’est trouvé une grand-mère d’adoption dont elle connait chaque attente et anticipe les réactions. « Je pose toujours son journal sur le radiateur avant qu’elle le lise, car je sais qu’elle n’aime pas le froid » explique-t-elle. Atéa, elle, ne voit plus son quotidien sans « sa p’tite ». « Sa présence me rassure beaucoup. Et si Rafika n’était pas là, je serais obligée d’aller dans une maison de retraite, là je peux rester chez moi avec elle » avoue-t-elle. L’idée de déposer un dossier au Pari solidaire, Atéa Pérez la doit à sa fille.
Rafika Bahdi doit renter tous les soirs avant 20 heures, et être présente un maximum de temps dans la journée. Une contrainte pour l’étudiante ? Non. Pour rien au monde elle ne regrette de passer à côté de la vie étudiante « classique ». « Ca me plaît beaucoup de m’occuper d’elle. Mme. Pérez m’apporte aussi beaucoup en retour. Nous avons nos petits rituels ». Comme lorsque les mains de Rafika remplacent le déambulateur pour aider Atéa à marcher. Où quand cette dernière s’installe sur son fauteuil pour lire le journal, et que Rafika travaille sur son ordinateur, juste à côté.
Rafika devra quitter la maison après ses examens dans quelques mois, mais espère bien pouvoir profiter à nouveau de ce programme du Pari solidaire pour sa dernière année d’étude à la rentrée prochaine. Chez Atéa Pérez, de préférence.

Charlotte Rebet

Retrouvez le reportage photo dans la rubrique « Ils font bouger Lyon » du 10 du mat’ de vendredi 15 janvier.

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