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Un souffle nouveau sur la peinture ? Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jennifer Simoes   
04-02-2010

Ce qui frappe lorsqu’on découvre les toiles de Daniel Clarke, c’est le réalisme qui s’en dégage. Rien d’étonnant puisque c’est à partir de ce support que l’artiste a travaillé. « Tous les sujets sont autobiographiques, Daniel a peint ses amis, sa famille, à partir de photos ». C’est ce qui donne cette
impression de suspension, comme si le temps s’était arrêté pendant l’esquisse. C’est aussi ce qui rend ses oeuvres si précises et vivantes comme le portrait de cette femme, en pleurs dans sa salle de bains: l’artiste a laissé des coulées de peintures violettes semblables à du mascara dilué dans les larmes. Et
cette intimité rapproche le spectateur de la peinture.


RENOUVEAU. Françoise Besson s’est intéressée très tôt à Daniel Clarke, artiste franco américain de 39 ans. « J’avais visité son atelier à Montmartre et tout de suite adoré son travail. Je n’ai pas mis longtemps à lui proposer une exposition ». Et elle l’a fait découvrir au public lyonnais en 2005, en même temps que le
musée d’Art comtemporain. « Je suis contente parce qu’il y a une dizaine d’années, on me reprochait presque de défendre la peinture figurative. Aujourd’hui, il y a bien un renouveau à l’intérieur de ce
mouvement; que ce soit grâce à l’oeuvre de Daniel Clarke mais aussi de Clément Montolio et Romain Bernini ». Ce retour à la peinture et au mouvement figuratif s’explique par la crise. « Les acheteurs reviennent actuellement au travail fait à la main comme le dessin, la photographie et la peinture parce qu’ils
ont le sentiment que ça pourra fructifier. » Et la peinture « incarnée », comme l’appellent Umberto Eco et Gilles Deleuze est plus rassurante que les formes abstraites parce qu’elle met  ’homme en exergue. Ce souffle n’a pas encore pénétré l’école des Beaux-Arts : « Ici, on nous apprend surtout à privilégier le conceptuel, l’important est de faire passer une idée, une habitude très
abstraite », raconte Thierry Liegeois, élève à l’école nationale des Beaux Arts de Lyon.


JENNIFER SIMOES


PRATIQUE : « Inside », jusqu’à fin février. Galerie Françoise Besson, 10 rue
de Crimée, 69001 Lyon. Tél.: 06 07 37 45 32, www.françoisebesson.com.

Voir photothéque.

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