1979 – 2016 : la street bercée par le rap

Voici l’histoire, non pas de Jessy James, mais d’un amour qui dure depuis quarante ans, un amour viscéral, un amour qui résiste à n’importe quelle « bombe ». Un amour entre le Rap et le Tag.

Tout commence sur cette île nommé « Xamayca » par ses habitants et « Jamaïque » par ses colonisateurs. Les sounds systems tournaient à plein régime dans les années 1970 au son de la Dub de Lee Scratch Perry, de Mad Professor, de King Tubby et du Reggae avec Marley, Tosh, Spear, Romeo & co. Les DJs des sound system étaient appelés « Toasters » mais en réalité ce sont les premiers rappeurs. Le rap est né en « Jahmaïque ». En effet les toasters posaient des lyrics sur des riddims comme les rappeurs des années 80 à aujourd’hui.

La culture du sound system a migré vers les USA pour se réfugier à New York. Kool Herc et son ghettoblaster s’impose dans l’arène new yorkaise sans difficulté. Avec eux arrive le tag. Plusieurs groupes munis de bombes suivent Kool Herk ou encore SugarHill Gang pour taguer les blases (noms) de leur crew, de leur quartier partout où ils passent. Le tag était donc une manière de marquer son territoire et de contester l’ordre établi. Il n’avait pas encore une dimension esthétique. Le « rap » non plus. C’était avant tout un moyen de s’exprimer, d’exister et de s’opposer pour une partie de la population américaine déshéritée et oppressée.

Le rap et le tag avait un but communautaire et social, un but commun. Créer une culture, différentes formes d’art pour représenter cette population. Il avait presque une «mission », celle d’unir autour d’une culture propre. Le rap et le tag était des arts révolutionnaires à leur commencement comme l’avaient été le blues, le reggae ou le punk. Le rap et le tag ont, petit à petit, eu un réel impact sur la population américaine, jusqu’au point où le gouvernement à vu le groupe NWA comme une menace pour la sécurité intérieur du pays. La première puissance a en effet eu peur de quatre « niggaz with atittude ».

Mais plus les années passent, plus le rap s’enferme dans tous les clichés qu’il combattait à ses débuts. Il devient un art individualiste, les crew se séparent pour aller gouter à la joie de la solitude, un art qui fait du copinage avec les publicitaires et les industriels, où l’engagement et la contestation ont été remplacés au profit de lyrics lisses, sclérosées et formatées. Mais en Europe ou en Amérique du Sud le rap, trouve refuge pour évoluer, se transformer et s’ouvrir à d’autres cultures. Pour le tag c’est presque un chemin similaire. Ce sont deux arts qui ont connus une évolution commune, ils se nourrissent l’un de l’autre pour muter et s’améliorer. Deux art urbain nés pour s’aimer, deux art dressés contre le même ennemi : l’establishment.

Le rap, comme le tag, revient actuellement à la culture originel du mouvement. L’idée d’une communauté unie où l’on partage, d’un crew où les MC sont au service de l’intérêt général, est désormais sur le devant de la scène. Même si le tag pose ses bagages de plus en plus souvent dans de belles galeries parfois difficile d’accès, des artistes continuent d’envahir les rues de leurs oeuvres pour rendre à l’art ses lettres de noblesses.
La rédaction de C-Sreet vous propose une palylist des morceaux qui ont marqué cette histoire d’amour entre le rap et le tag.

Depuis 1979…

 Simon Pernin  & Tanguy Colon

 

 

 

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