E-sport : sur le chemin de la reconnaissance

Devenir un sportif mondialement reconnu sans quitter son salon, c’est aujourd’hui possible. Cette possibilité se présente à un nombre grandissant de personnes et ce grâce à l’essor du jeu vidéo mais surtout de l’E-sport. « Gagner sa vie en jouant aux jeux-videos ? », un rêve pour les jeunes générations, peut-être une hérésie pour les plus anciennes mais une réalité pour la centaine de joueurs professionnels en France.

Avant d’accéder à ce statut, tous doivent se faire un nom, que ce soit à travers leurs performances sportives ou via une communauté de joueurs qui se regroupe pour former des structures. Ces structures, qui sont-elles ? La plupart du temps, il s’agit d’une bande d’amis (virtuels ou physiques) qui décide de se rassembler afin de tendre vers un objectif commun : professionnaliser leur pratique de la discipline. Bien souvent, cela passe par la création d’une association, support idéal pour fonder et pérenniser un projet d’e-sport. Mais comme pour toute structure sportive qui a pour objectif la professionnalisation, la passion et la motivation ne suffisent plus, le nerf de la guerre est toujours le même… le financement.

Comment se développe aujourd’hui ce sport à part entière à l’heure où les réseaux sociaux sont devenus de véritables plateformes promotionnelles, où les sponsors sont prêts à tout pour apparaitre sur les t-shirt des plus grands champions et où chaque jour cette discipline récolte de nouveaux aficionados.  Nous sommes allés à la rencontre d’une personne qui a monté sa propre structure il y a de ça quatre ans, Benjamin Fautsch, Président de PuLse Gaming, nous a donné quelques éléments de réponse.

(Propos recueillis par Enzo Janoir)

Vous êtes président d’une des plus grosses structures françaises, quel a été votre parcours pour en arriver là ? 

J’ai créé ce que l’on nomme plus communément une  » Team  » au tout début. Une bande de potes qui se retrouvent le soir après une bonne journée de travail pour décompresser ensemble sur des jeux comme Call of Duty. J’ai appris à apprécier ce mode de vie qui me sortait de mon quotidien de fonctionnaire à la mairie. Après deux ans je me suis renseigné sur les étapes à suivre pour devenir un organisme associatif et je me suis lancé. Je voulais vivre de cette passion plus connue aujourd’hui sous le nom E-sport,  j’ai créé le logo pour commencer et j’ai pris la décision de monter une structure de jeux vidéos nommée PuLse Gaming.

L’E-sport tend à être reconnu en tant que discipline sportive, comment les structures traditionnelles abordent-elles la nouvelle ?

Depuis plusieurs années et ça dans plusieurs pays, l’e-sport est reconnu comme tel. Aujourd’hui la France a décidé d’aborder le sujet et en soi de le reconnaitre. C’est en premier lieu une victoire certes, mais cela reste minime. C’est très positif pour nous structure, car au delà de l’aspect financier c’est un véritable tournant pour cette discipline qui devrait notamment déboucher sur de vrais circuits pros et surtout démocratiser l’E-sport. Je m’emploie souvent à le dire, mais pour moi cette discipline ne consiste pas à rester bloquer sur un fauteuil dans sa chambre, c’est un sport d’avenir et la France l’a bien compris.

Le modèle associatif peut limiter assez vite le développement des structures comment évoluer ? 

Nous sommes encore sous un statut associatif à ce jour, cependant beaucoup de solutions sont à notre portée comme devenir une fondation, un club sportif ou encore une entreprise. Le fait d’obtenir un statut d’entreprise stigmatise vraiment l’organisation et on la reconnaît surtout en tant que marque, ce qui dévalorise le côté sportif. PuLse Gaming passera en club sportif en 2016. Car pour évoluer nous sommes obligés de passer par cette étape.

Le marketing occupe une place important dans le sport, comment se démarquer du lot ?

Le marketing est avant tout le moteur financier du E-sport actuellement. Pour se démarquer il faut déjà savoir ce que l’on peut apporter en terme de visibilité et de rentabilité . Aujourd’hui PuLse Gaming est supporté par beaucoup de marques tel que Volkswagen, Microsoft ou encore Scuff Gaming (créateur de manettes de jeu compétitif). Beaucoup de marques complètement étrangères au monde des jeux vidéos viennent tout doucement amener leur participation à ce sport d’avenir.

Beaucoup de facteurs rentrent en jeu comme les visites sur le site internet, les streams, les résultats des équipes, les jeux concours et autres activités. PuLse Gaming cultive la différence et c’est pour cela, je pense, que nous arriverons à nous démarquer.

Dans ces circonstances, les sponsors sont-ils indispensables à votre développement ? 

Les sponsors sont indispensables à la vie de la structure car sans ces sponsors il serait par exemple difficile de pratiquer des déplacements gratuits pour nos équipes et staff accompagnateurs. Nous essayons de les représenter au mieux lors des lan (tournoi off-line), des interviews, des déplacements ou dans notre « gaming house » (basée à Oullins en banlieue lyonnaise).

Vous êtes utilisateur de médias sociaux comme twitter, & Twitch par exemple, ces outils sont-ils indispensables et pourquoi ?

Les réseaux sociaux sont vitaux en terme de communication car toute notre fan base s’est constituée via les réseaux sociaux, le nombre de personnes qui nous suivent au quotidien attire également les sponsors. Nous proposons à notre communauté beaucoup d’interactions à travers des concours ainsi que la possibilité de nous suivre lors des cessions live ou tournois. Les abonnés nous suivent comme des supporters de football suivent leur club. Pour toutes ces raisons que les réseaux sociaux sont essentiels pour notre existence. Nous essayons de satisfaire toutes les personnes qui nous suivent et les chiffres parlent d’eux même. Aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux nous touchons près de 150 000 personnex à travers l’Europe  et ils sont actuellement les meilleures outils de communication à notre disposition, indispensablex pour n’importe quelle structure qui souhaite se développer.

Enzo Janoir