Interview : Théo Haggai

YOHAN : Bonjour Théo, peux-tu te présenter ?
THÉO : Je suis à Lyon depuis 3 ans, avant j’étais à Aix-en-Provence.
J’ai fait une MANAA (Mise à Niveau en Art Appliqué), là j’avais des travaux à faire et je me souviens, j’étais plus tourné photographie à cette époque. J’aimais bien faire des autoportraits en costard avec des objets comme des lampadaires ou du mobilier urbain.
Ensuite j’ai fait un BTS graphisme Pub. J’ai eu 5 au BTS mais je m’en foutais. J’ai compris que j’étais beaucoup plus dans l’artistique que dans la communication.

Y : As-tu pris du recul sur ton évolution ? Peux tu la décrire ?
T : À l’époque je dessinais beaucoup de bonshommes et de visages. Ils étaient assez tristes et manquaient de positif, donc j’ai arrêté.
J’ai commencé mes oeuvres dans la rue, je dessinais à la craie, puis quand je suis arrivé à Lyon, je me suis mis à peindre.
Je trouvais que c’était le meilleur moyen de toucher les gens sui ne vont pas au musée.
Les lieux de peinture étaient plus ou moins légaux, mais ça me faisait du bien de m’exprimer.

Y : Que fais-tu à côté ?
T : Je suis caissier. Mais j’essaie de dessiner quotidiennement. Une de mes oeuvres, un ticket de caisse, est une très belle illustration de mon monde. Elle représente très bien ce que je côtoie tous les jours.

Y : Quels sont tes objectifs à long terme ?
T : Je fonctionne par rêve. La par exemple, peindre une rue entière était un rêve et je viens de le réaliser. Avant ça, j’en ai réalisé un à la Taverne Gutenberg de Lyon en peignant la totalité d’une pièce. J’étais en immersion totale.

Y : Quand t’est venue l’idée de dessiner des mains ?
T : Ça fait 4 ans que je commence à dessiner des mains. Je trouve que c’est un symbole très fort qui parle à tout le monde, même si la langue est différente, même si la culture est différente. Et puis c’est beaucoup plus positif que des visages ou des silhouettes. L’idée c’est de faire du beau qui parle à tout le monde. Les mains, c’est un concept universel.

Y : Dans tes oeuvres, je peux voir qu’il y a un triptyque sur le FN, c’est une des rares oeuvres où les mains ne sont pas liées, est-ce fait exprès ?
T : Oui bien-sûr que c’est fait exprès. Les mains s’accrochent plus ou moins. J’ai 3 « types » de mains : parmi elles, il y a celles qui se tiennent, les plus fréquentes. Elles représentent l’unité, l’union, la paix. Ensuite il ya les mains qui sont fermées : les poings, celles-ci illustrent la violence comme l’attaque ou la critique.
Même si c’est du street art je réfléchis beaucoup à la signification des oeuvres, même les petites.

Y : Penses-tu que ton oeuvre est novatrice ?
T : On peut dire que c’est nouveau oui, car personne n’a exploité le symbole des mains comme ça avant. Mais mon travail est très influencé par Keith Harring, le pionnier de l’humanisme dans le street art. Je traite des mêmes sujets, même si j’apporte ma touche.


Propos recueillis par Yohan Poncet

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