L’Afrique de l’Ouest touchée par Ebola

L’épidémie causée par le virus Ebola qui s’est déclarée en janvier dernier en Guinée, avant de se répandre également au Libéria et en Sierra Leone, a fait plus de 120 morts sur les 200 personnes infectées. Une maladie qu’il est légitime de craindre et qui soulève l’aide internationale.

La maladie à virus Ebola a un taux de létalité pouvant atteindre 90%. Aussi appelée fièvre hémorragique à virus Ebola, elle est apparue en 1976 en République Démocratique du Congo et au Soudan. Le nom de la maladie vient de la rivière Ebola, située à Yambuku en RDC. C’est ici que le virus est apparu pour la première fois. Selon les chercheurs, la maladie pourrait venir des chauves-souris frugivores. Le virus est transmis directement des animaux sauvages vers l’homme. Puis il s’étend par transmission interhumaine, par contact direct avec le sang, les tissus infectés ou encore les liquides biologiques comme les excréments ou l’urine. Il n’existe pour le moment aucun vaccin ou traitement que ce soit pour l’homme ou les animaux. Une personne reste infectieuse tant que le virus est présent dans son sang. Sa période d’incubation (période de temps entre l’infection et l’apparition des premiers symptômes) peut varier entre 2 et 21 jours selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Le virus Ebola, depuis sa découverte en 1976, se manifeste très souvent, presque chaque année, dans les régions pluvieuses de l’Afrique Centrale et de l’ouest. La dernière épidémie remonte à 2012 où l’Ouganda et la RDC avaient été touchés. Mais la plus grosse épidémie d’Ebola recensée reste la première, qui avait frappé le Zaïre (RDC) et avait fait quelques 280 morts en 1976. Aujourd’hui, c’est la première fois que la maladie a touché plusieurs pays en même temps.

Les ONG et les internautes se mobilisent

Médecins sans frontières a déployé, dans l’espoir de faire retrouver au plus vite l’équilibre du pays, depuis mars dernier, trois équipes en Guinée et une au Libéria. La principale se trouve vers l’aéroport de la capitale Conakry afin d’empêcher au maximum le virus de sortir des frontières du pays. Les débuts des opérations furent très chaotiques. La Guinée qui subit pour la première fois les attaques de l’Ebola, entrainant une méfiance des populations, et les cartes très imprécises des régions du pays n’auront pas aidé les médecins à s’y retrouver. Une équipe située à Macenta, au sud-est du pays a même dû suspendre ses activités, menacée par les populations locales qui avaient du mal à accepter leur présence. Elles ont toutefois repris vendredi 11 avril dernier après plusieurs jours de discussion.

L’équipe humanitaire OpenStreetMap et 200 volontaires dans le monde ont, eux, tenté de cartographier le plus précisément possible sur internet les régions touchées par le virus. La ville de Guéckédou, qui se trouve au beau milieu de l’épidémie du virus, a ainsi pu être cartographiée en une journée. 100 000 bâtiments ont même été placés grâce à des images satellites de la région. Enfin, une carte qui retrace avec précision où et quand les porteurs du virus ont été diagnostiqués, leurs déplacements, les foyers éventuels de décès ou encore les lieux où les secours ont installé des centres d’urgences, a été créée aussi sur OpenStreetMap. Tout cela avait été demandé par Médecins sans frontières pour faciliter l’accès aux personnels d’ONG présents sur place et leur permettre d’opérer encore plus rapidement.

Les efforts de protection de la part des ONG et du gouvernement de Guinée semblent avoir porté leurs fruits, le ministre des affaires étrangères du pays François Fall a déclaré mardi 15 avril que l’épidémie était désormais « sous contrôle ».

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