Le social media chez les footballeurs, un outil sensible

Aujourd’hui, il ne suffit plus de savoir taper dans un ballon pour être connu et reconnu. Avec l’ascension fulgurante de Tweeter et autres réseaux sociaux, les sportifs ont une pression bien plus grande qu’auparavant. Faire attention à leurs images, vérifier ce qu’ils publient sur le web et créer une relation 2.0 de confiance avec ses fans constituent ses missions principales.

Aujourd’hui avec l’émergence des réseaux sociaux, fini le temps où les sportifs n’étaient disponibles que lors de conférences de presse ou sur les terrains. Considérés comme un atout pour certains, les réseaux sociaux n’en restent pas moins dangereux, et peuvent parfois changer totalement l’image qu’un sportif célèbre donne de lui. Si de nombreux sportifs savent se créer une image positive et s’attirer une certaine empathie à l’égard du public, personne n’est à l’abri d’un dérapage ou de mauvaises intentions. Car même les journalistes sont à l’affut du moindre dérapage pour avoir le plus de médiatisation possible. Par exemple, Samir Nasri n’aura peut-être pas le même discours que Nicolas Benezet sur l’utilisation de Twitter. Une frasque, et les fans sont impitoyables. En effet, les calomnies sont légions et peuvent casser l’image d’un sportif en deux temps trois mouvements. De plus, les moteurs de recherches Internet tel que Google ne facilitent pas la vie de ces champions. Alors que nous essayons de s’informer sur le cycliste Lance Armstrong, Google nous envoie directement sur ses affaires de dopages. Idem pour Franck Ribéry ou Laure Manaudou. Concernant cette dernière, l’internaute semble plus préoccuper par sa vie sentimentale (rupture avec son compagnon) plutôt qu’à sa carrière professionnelle. Quant au footballeur, les recherches Internet s’intéressent bien plus à ses fautes de langage (« La route tourne va tourner ») qu’à ses exploits. Le mieux serait donc de suivre l’adage « mieux vaut prévenir que guérir » et exposer sa vie privée le moins possible, cela dans le but d’éviter des dérapages incontrôlables et irréversibles.

tweet nasri

Ou alors, il faut être un as des social media et adopter une communication stratégique. Certains pièges peuvent bien être évités par les sportifs pour utiliser à bon escient les réseaux sociaux, comme gérer son compte Twitter. L’enquête de Steven Woodgate révèle que sur 200 athlètes, 84.3% contrôlent leurs comptes. Cela permet d’interagir directement avec les fans, d’être plus proche d’eux, voire même de mieux les connaître. Si c’est un sportif qui n’a pas sa langue dans sa poche, cela peut cependant être à double tranchant. L’exemple de Nicolas Benezet est révélateur. Joueur de football professionnel à Guingamp, sa communauté l’aime pour ses tweets sincères, dans lesquels il prend complètement parti, et cela même si ses posts ne concernent par son métier. A l’inverse, Samir Nasri voit sa réputation se dégrader à cause des réseaux sociaux. Il était titulaire en équipe de France, mais aussi dans son club de Manchester City, en Angleterre. Avec un tel niveau de jeu, la première image que les gens ont de lui est celle d’un garçon très talentueux sur le terrain. Le problème est qu’en dehors, et surtout sur les réseaux sociaux, Nasri déçoit ses fans, et régalent ses détraqueurs. Des exemples contre lui, les supporters français en connaissent quelques-uns mythiques, et les spécialistes en connaissent des tonnes. Notamment sur l’affaire de la « quenelle » où Nasri avait défendu son ami Anelka avant de « provoquer » un tollé en publiant une photo. Pire encore, lors de sa non-sélection pour la coupe du monde 2014 au Brésil, alors qu’il sort d’une très bonne saison avec Manchester City, il n’est pas appelé en Equipe de France. La faute à une communication et un comportement déplorable. C’est alors sa compagne qui insulte publiquement le sélectionneur français, Didier Deschamps.

twett femme nasri

Pour éviter ce genre de glissements gratuits et inutiles, autant bien s’entourer. Avec les présences de Twitter et Facebook qui n’en finissent plus de s’imposer dans le paysage 2.0, des métiers existent pour gérer son image sur le web.  Conseiller en communication, Sylvain Caillot explique au Blog du communicant que « le sportif doit s’impliquer beaucoup plus qu’avant » dans les réseaux sociaux. Ces derniers ont évolué et il faut savoir adapter nos comportements en fonction d’eux. L’expert en communication affirme qu’« hier, nous étions dans la création d’une image. Aujourd’hui, nous sommes dans le développement d’une réputation et d’une influence ». C’est donc à long terme qu’une réputation 2.0 se construire pour éviter ces nombreux pièges.

tweet asse

Il ne faut donc surtout pas oublier qu’une prise de parole non contrôlée peut avoir des répercussions inattendues. Le même Didier Deschamps avait interdit l’usage des réseaux sociaux à ses joueurs avant de se raviser et de privilégier une « communication maîtrisée ». Durant la Coupe du Monde au Brésil, le moindre post est scruté. Pour éviter les dérapages et les psychodrames du précédent Mondial, le service juridique de la FFF étudie même la possibilité de créer un texte afin de clarifier l’usage des réseaux sociaux. Afin de conserver une certaine liberté d’expression, seuls les « selfies » informels (pas de photographies des entrainements, des réunions…) seront autorisés pour les Bleus. Aujourd’hui, plus de la moitié des internautes français y suivent l’actualité sportive. Sur mobile, la consommation de spectacles sportifs est passée de 15 % en 2011 à 18 % en 2012 et 23 % en 2013. Le digital s’est imposé à l’ensemble de notre société, dans notre quotidien et dans nos activités. Naturellement, le sport n’y échappe pas. La France essaye de combler son retard en matière d’exploitation des plateformes de réseaux, mais les mentalités face au 2.0 évoluent.

Hugo Harnois & Martin Saussard