« Les réseaux sociaux force l’immédiateté de l’information », Alexandre Corboz

Alexandre Corboz est un correspondant lyonnais pour le magazine web But ! Football Club a répondu à nos question. Ce journaliste sportif a dû changer sa façon de travailler avec l’arrivée des nouveaux outils et plus particulièrement avec la montée en puissance des réseaux sociaux.

 

En quoi les réseaux sociaux ont-ils changé votre travail de journaliste sportif ?

Les réseaux sociaux ont créé un nouveau mode de fonctionnement au sein de notre rédaction. Nous avons dû créer un poste de community manager qui ne s’occupe que de ça. La présence des réseaux sociaux force l’immédiateté de l’information. La vérification de l’information devient de plus en plus difficile. Il faut donc suivre les bonnes personnes. Mais une question subsiste, doit-on transmettre l’information le plus rapidement possible ou préférer vérifier cette dernière. La rapidité de la transmission ne nous permet plus de garder une information. L’exemple de l’affaire Valbuena est le meilleur actuellement, c’est une course à l’information et il n’est plus question d’attendre pour transmettre l’information au lecteur. La communication est donc directe via les réseaux sociaux et il faut avoir les yeux derrière la tête.

 

Qu’est-ce qu’ils apportent dans la transmission de l’information ?

Les réseaux sociaux permettent que l’information soit immédiate. Ce qui est le principal défaut de ces nouveaux outils. Le fait que les informations soient immédiates est aussi l’intérêt. Twitter est l’outil qui le montre le mieux. Le lecteur rate moins d’information.

 

Comment votre média utilise-t-il les réseaux sociaux ?

A titre personnel les réseaux sociaux ne me serve qu’à la veille informative, je ne communique pas sur les réseaux sociaux. Dans le journal L’Equipe ils ont fait le choix de mettre en avant les journalistes ce qui n’est pas le cas chez But ! Football Club. Nous nous servons des réseaux sociaux à titre de média. Nous faisons évoluer notre utilisation de ces outils de manière à transmettre, que cela nous apporte une plus-value. Nous ne donnons pas d’informations sous forme de tweet mais cela pourrait être une idée. Pendant un temps nous avions essayé de faire vivre nos conférences de rédaction en live tweet et cela nous desservait plus qu’autre chose. D’autres médias reprenaient nos informations par exemple. Nous allons donc voir comment évoluer sur les réseaux sociaux et peut être reprendre cette idée de live tweet mais différemment.

 

Quels sont les réseaux sociaux que vous utilisez et de quelle manière ?

Nous utilisons Twitter et Facebook. Nous pourrions utiliser Instagram pour les photos mais nous n’en voyons pas réellement l’utilité et nous n’en n’avons pas la demande. Nous utilisons donc ces outils pour une communication globale. Mais une réflexion est à mener sur le sujet.

 

Pourriez-vous vous passer des réseaux sociaux dans votre travail aujourd’hui ?

Si tout le monde s’en passait je m’en passerai également. Aujourd’hui, ce n’est pas possible avec la concurrence même si pour moi ce n’est pas essentiel. L’immédiateté fait que nous n’avons pas le choix. Même si je préfèrerai que nous cherchions les informations et que le travail ne soit pas mâché de cette façon pour les lecteurs.

 

En quoi les réseaux sociaux ont révolutionné les liens entre les journalistes et les lecteurs ?

Cela donne une proximité et une possibilité d’interaction. C’est plus personnel que les commentaires que les lecteurs peuvent laisser sur les articles. Cela offre une certaine liberté qui peut parfois être nauséabonde avec les insultes en autres. Dans notre rédaction nous avons une politique simple qui est de ne pas répondre aux insultes. Il ne faut pas qu’il y ait des dérives. L’interaction directe n’a pas seulement lieu entre les lecteurs et les journalistes mais aussi entre les lecteurs et les sportifs directement. C’est une ligne directe. Le journaliste n’est plus toujours le messager. Cela peut parfois être un problème car certains sportifs répondent uniquement par Twitter et plus aux interviews.

 

Propos recueillis par Marion Gergely