Quand le tourisme fait appel au street art

Le street art, cette activité pourtant illégale et vue d’un mauvais oeil jusqu’aux années 2000, s’est aujourd’hui bien démocratisée. Depuis peu, il appelle même certains au voyage. Les États-Unis, l’Allemagne, le Danemark ou d’autres pays européens aux rues décorées motivent de plus en plus d’amateurs à découvrir leur paysage urbain.

tourisme street art
Vitry City Graffiti

Pour en revenir aux bases, le street art a souvent une dimension politique, sociale, ou du moins un message à faire passer. Nous ne parlons donc pas des commandes faites par certaines mairies pour décorer des bâtiments publics, en payant un artiste. Mais un juste milieu est bien présent : cet art de rue est de plus en plus un outil réel permettant aux villes d’attirer une nouvelle catégorie de touristes. À Rennes par exemple, des visites sont organisées pour découvrir les différentes installations présentes dans la ville. Hypocrisie ? Il est étrange de mener une guerre contre les artistes de rue, puis de faire découvrir leurs oeuvres lors de visites. Malgré une récupération culturelle flagrante, on peut apprécier la démarche. Les esprits s’ouvrent petit à petit. Nantes, Lille, Montpellier, tout le monde s’y met : sur la plupart des offices de tourisme de villes françaises, on retrouve effectivement une rubrique Street Art.

L’exemple contradictoire des États-Unis

Lorsque l’on parle de street art, on pense souvent par automatisme à New-York. Paradoxalement, cette ville mène une guerre sans merci contre ces artistes controversés, et ce depuis la naissance de cette pratique. Banksy, le plus connu, est notamment l’homme à abattre pour les autorités locales. À l’inverse, la municipalité a permis à l’artiste français JR de poser son installation Inside Out sur Time Square, en invitant les touristes à poster leurs selfies sur internet pour être affichés sur la fameuse artère new-yorkaise.
Sur le même exemple, la ville de Philadelphie invite régulièrement des artistes à venir redécorer la ville et organise, comme en France, des tours pour « racoler » les touristes. Cette politique schizophrène montre combien le street-art reste répréhensible tout en étant un outil quasi-indispensable de promotion des métropoles.

JR times square
JR à Times Square en préparation de son projet Inside Out © Tony Cenicola/The New York Times

À Lyon, la problématique reste la même

Comme vous l’aurez vu tout au long de notre hors-série, la ville de Lyon n’est pas spécialement fermée au Street Art. Avec l’exposition « Wall-Drawing » que nous avons couverte, Gérard Collomb prouve bien qu’il veut accueillir cette nouvelle tendance. Seulement encore une fois, la spontanéité n’a pas lieu d’être. Tout doit être calculé et autorisé, sinon, c’est impossible. L’artiste Seth a accepté les règles du jeu et a travaillé légalement. S’il nous livre des œuvres magnifiques, on comprend aussi la frustration d’un grand nombre de street artistes. Faut-il être célèbre pour avoir le droit de décorer les murs de sa ville ? Il le semblerait, car nombreux sont ceux qui ont encore à craindre les forces de l’ordre lorsqu’ils posent leurs travaux. On retrouve toujours la même commercialisation de l’art. Si des évènements légaux ont lieu, c’est trop souvent dans un but lucratif.


Hugo Cléchet, Anaïs Gningue

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