Sur les toits de Lyon avec Maxime

Le temps d’une interview, Maxime, alias Siirvgve, nous a emmené sur les hauteurs de Lyon. Des sous-terrains du métro, au sommet de la Tour métallique de Fourvière, en passant par le toit des tribunes du Stade de Gerland, la Capitale des Gaules n’a aucun secret pour ce Lyonnais de 18 ans.

Un tunnel du métro lyonnais Photo : Siirvgve
Un tunnel du métro lyonnais Photo : Siirvgve

CStreet : Tout d’abord, comment a commencé ta passion pour l’urbex ?

Maxime : Il y a trois ans j’ai commandé un reflex pour mon anniversaire sans vraiment savoir ce que je voulais photographier. J’ai commencé à apprendre les bases et prendre un peu tout et n’importe quoi en photo. Un jour je suis tombé sur un reportage sur les explorateurs urbains de New York qui prenaient des photos de la face cachée de la ville, des souterrains aux toits des plus hauts immeubles de la ville. J’ai directement trouvé ça génial de pouvoir documenter la ville depuis des lieux et points de vue inconnus du grand public et depuis j’essaye de faire de même avec Lyon, depuis deux ans.

CS : Tu fais de l’urban climbing aussi. Qu’est-ce qui t’a motivé à grimper sur les toits de Lyon ?

M : J’ai toujours aimé la hauteur et escalader un peu tout ce que je voyais. C’est tout naturellement que j’ai commencé à essayer de grimper en haut des structures de la ville. Je fais du parkour depuis au moins trois ans et après quelques mois d’entraînement j’ai commencé à prendre un peu de hauteur. Depuis, j’ai toujours la tête en l’air à la recherche de nouveaux défis. J’ai vu la vidéo de deux russes qui ont escaladé la tour Shanghai de 650m et celles de James Kingston, ils m’ont donné envie de voir la ville d’en haut.

Avec Maxime, on ne s'assoit pas en tribune à Gerland Photo : Siirvgve
Avec Maxime, on ne s’assoit pas en tribune à Gerland Photo : Siirvgve

CS : Comment prépares-tu tes ascensions ? 

M : J’ai fait de l’escalade en club et le parkour m’aide vraiment que ce soit physiquement ou mentalement. Je commence souvent par faire des recherches sur internet pour en savoir un peu plus sur la structure en question et je fais un peu de repérage selon le lieu afin de savoir s’il y a des agents de sécurité ou bien des caméras.

CS : Est-ce l’interdit et la dangerosité de l’urban climbing qui te plaît ?

: Il y a la fois la part de risque, que ce soit le risque physiquement parlant ou le risque juridique, mais aussi le fait d’admirer la ville d’un point de vue que peu de gens connaissent. C’est ce dernier facteur qui me pousse à continuer.

 CS : T’est-il arrivé de te faire arrêter ?

M : Je me suis déjà fait arrêter plusieurs fois, heureusement les forces de l’ordre ont été très compréhensives lorsque je leur ai expliqué ce que je faisais et que j’étais juste là pour prendre des photos et rien de plus. Je n’étais pas là pour dégrader quoi que ce soit.

Maxime : "j'ai toujours la tête en l'air" Photo : Sirvgve
Maxime : « j’ai toujours la tête en l’air » Photo : Siirvgve

CS : As-tu déjà dû renoncer au dernier moment ?

M : Oui ça m’arrive souvent si je vois que le lieu en question est trop sécurisé, si beaucoup de gens passent dans la rue ou je m’apprête à escalader quelque chose ou bien quand le temps est trop mauvais et que ça rend l’ascension trop dangereuse je la repousse à un autre jour.

CS : Ton utilisation des réseaux sociaux est-elle bien accueillie par la communauté urbex ?

M : Je pense que ça ne pose pas de problème, même s’il y a toujours quelques personnes pour critiquer ce que je fais. A la base l’urbex est une activité qui doit rester secrète et je fais de mon mieux pour qu’elle le reste, je ne donne jamais les lieux où je prends mes photos. Je reçois beaucoup de messages privés où on me demande des spots mais je les donne seulement aux personnes intéressées par la discipline et la photographie. J’essaye aussi de fonctionner sur un système d’échange : je donne un spot si la personne m’en donne un en retour.

CS : Qu’est-ce qui t’a poussé à ouvrir un compte YouTube et Instagram ?

: Pour mon compte Instagram, ce sont mes parents qui m’ont dit que ce serait bien pour poster mes photos. Au début j’accrochais pas trop, avant de changer d’avis. Maintenant, j’adore vraiment partager ce que je fais. Pour YouTube je fais beaucoup de vidéos avec un ami, Timmy_Clg, dont les vidéos marchent très bien. Ça m’a poussé à ouvrir ma propre chaîne.

CS : Il y a un vrai côté artistique dans tes photos, c’est aussi une de tes passions ?

M : C’est ma grande passion, celle qui me pousse à prendre des risques. Le principal est d’avoir la photo que j’avais en tête, peu importe les conséquences. J’essaie de sortir des photos « clichées » de Lyon et montrer quelque chose d’autre, quelque chose de différent.

Propos recueillis par Baptiste Noble-Werner

5 thoughts on “Sur les toits de Lyon avec Maxime

  1. Je suis bien triste que Maxime ait été tué par sa passion, même si je ne connais pas les circonstances de son décès. Cela pousse à s’interroger sur le phénomène des likes qui pousse forcément à se dépasser un peu plus à chaque fois.

  2. Nous sommes désolé de vous inorme que Maxime est décédé. Vous pouvez mettre des messages de soutien sur son compte Instagram sur la dernière photo qu’il a publié. Nous pensons à sa famille à ses parents. Patrice. Un papa photographe et triste aujourd’hui.

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