Une génération criblée d’idées reçues

Très méconnue du grand public et surtout des médias, la génération Z est la cible de nombreuses idées reçues. Voici celles qui circulent le plus.

 

Des jeunes renfermés sur eux-même, passant tout leur temps devant des écrans et rejetant toute forme d’autorité… voici la génération Z ! Ces clichés reviennent tellement souvent qu’il est temps de les passer à la moulinette et ainsi voir ce qu’il en est réellement. Selon de nombreux observateurs, la génération Z est décrite comme autodidacte, via Internet. Connectés 10 à 12 heures par jour, selon les chiffres du blog digital digest marketing, les 12-14 ans sont considérés comme « hyper-connectés ». En effet, ils sont nés avec un accès direct à tout ce qui se passe autour d’eux et ont appris à accéder à ces informations de manière très naturelle. C’est ce qu’explique le professeur Olivier Revol, pédopsychiatre à l’hôpital Femme Mère Enfant de Bron : « C’est une génération surinformée. Elle n’est pas née avec internet comme la génération Y, mais dans internet. Pour la première fois, cette génération apprend des choses à ses parents. Elle ne demande pas à ses pères mais à ses pairs ».

Cette connexion se fait par l’intermédiaire de différents supports. En général, ils utilisent leur ordinateur pour regarder des vidéos et aller sur les réseaux sociaux, une tablette pour jouer, écouter de la musique et lire ou encore leur smartphone pour écouter de la musique, jouer et rester connecter avec ses amis. D’après une étude réalisée par Ipsos, 73 % d’entre eux possèdent leur propre ordinateur quand 68 % possèdent un smartphone. En revanche, la tablette est moins plébiscitée car ils ne sont que 29 % à en posséder une. Concernant les usages, ce sont bien les réseaux sociaux qui sont préférés par les jeunes et notamment Facebook qui confirme sont statut de « réseau pour jeunes » : 78 % le consultent régulièrement en 2015 (même si ce taux connaît une légère baisse par rapport à 2013 où ils étaient 85 % à l’utiliser). Twitter, quant à lui, ne séduit que 25 % des adolescents et Instagram a multiplié son nombre d’utilisateurs par deux entre 2013 et 2014 avec 14 % d’adeptes.

Chaque génération a droit à ses clichés
Chaque génération a droit à ses clichés

 

« Plus brillants et plus instruits »

 

Tous ces outils technologiques peuvent donc sembler beaucoup trop distrayants et ainsi réduire le temps d’apprentissage et les connaissances. Pourtant, pour Amélie Poirier, 14 ans, ils sont beaucoup plus que cela. « Ces smartphones et ordinateurs nous permettent d’être plus brillants et plus instruits, explique-t-elle. À travers les sites plus ou moins utiles que nous consultons, la majorité d’entre nous écoute des vidéos qui contiennent une quantité phénoménale de renseignements scientifiques, historiques et même culturels. Notre distraction ne nous coupe pas du monde, elle nous offre la connaissance qui fait de nous des jeunes informés ». Consciente des stéréotypes sur sa génération, elle tente de les dénoncer et un en particulier : « nous passons des journées complètes sur nos téléphones ou sur nos consoles de jeux à ne rien faire ». Selon elle, il est vrai que les jeunes s’autorisent des moments de « paresse » mais pas plus que pour les autres générations. « Si je prends mon agenda à titre d’exemple, cette année seulement, j’ai participé au show-mode, j’ai fait partie de deux équipes sportives qui viennent avec de nombreux tournois, j’ai entraîné une équipe de l’école, je me suis impliquée pleinement dans le journal le Gravillon et, bien entendu, j’ai rempli mes obligations d’élève à temps plein ». Cette « hyper-connexion » n’a donc pas que des mauvais côtés. De plus, d’après une étude d’Ecs-digital, 64 % de ces jeunes déclarent qu’Internet leur donne davantage confiance en eux et leur facilite ainsi la vie réelle. Par ailleurs, tout n’est pas perdu (comme certains pourraient le penser) car lorsqu’on leur demande de choisir leurs moyens préférés pour être en contact avec leurs amis, ils privilégient encore prioritairement les rencontres face à face à 44 %, devant le texto (41%).

 

Grâce à Internet, la génération Z développerait donc une plus grande autonomie et serait plus agile dans son apprentissage. Les outils digitaux auraient aussi favorisé l’indépendance des jeunes vis-à-vis des différentes formes d’autorité, l’école et la famille en premier lieu. D’aucuns parlent d’un modèle « horizontal », c’est-à-dire que les 12-14 ans privilégieraient l’égalité avec les autres individus au détriment du fonctionnement traditionnel, où l’individu est placé sous la tutelle d’une autorité supérieure (les patrons dans le monde professionnel, les parents dans la sphère familiale, les professeurs dans le domaine de l’école).

Le modèle des différentes générations
Le modèle des différentes générations

 

Brice Cheneval et Guillaume Bouchut

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